LGC – 17 – La Pogne Rouge

Une fois dans l’immeuble de la Mère, elle monta plus doucement, en tâchant de ne pas faire de bruit. Mais les marches grinçaient, et quand elle fut en haut la porte était déjà entrebâillée.

La chambre était étouffante. Jaana préparait sa tisane près du grand poêle. Quand elle se retourna pour l’accueillir, la Chimère vit tout de suite sa fatigue. Ses cheveux étaient complètement blancs à présent, blancs comme la neige, fragiles et hirsutes.

Leur rituel était si bien établi, désormais, qu’elles n’eurent pas besoin de se dire le moindre mot. Très vite elles furent toutes deux en place, la Chimère près de la fenêtre entrouverte et la vieille conteuse dans l’ombre. Et alors que l’enfant prenait sa première gorgée, Jaana se mit à raconter :

« Tu te souviens, Chimère, que la belle et fière Erin, reine de l’île au nord de la mer et fille du dieu Dagda, avait été ramenée à la cour du roi Ronan. Celui-ci décida que leur mariage devait se tenir en même temps que celui de sa sœur Maed et de Duncan. Le double mariage eut lieu à la lune suivante, et on n’en avait vu de si splendide en six siècles. Les seigneurs de toutes les Gaules vinrent à Paris pour les noces, et les rois d’autres pays aussi, en signe d’amitié, car le royaume de Ronan était alors prospère et respecté à travers le monde connu, de la Moscovie jusqu’aux déserts d’Afrique. Tous célébrèrent la vaillance du roi, qui avait su conquérir la fille d’un dieu ; ils ignoraient que c’était Duncan qui avait triomphé des épreuves d’Erin.

« Celle-ci, pourtant, était toujours amoureuse de Duncan et méprisait le roi Ronan, son mari, qu’elle soupçonnait d’avoir triché pour gagner sa main. Ainsi, quand la fête fut finie et Ronan l’emmena dans sa chambre, elle refusait de s’unir à lui et de consommer leur mariage. Quand celui-ci tenta de la posséder elle le ligota et l’attacha avec une ceinture au-dessus de leur lit.

« Excédé, le roi alla le lendemain trouver Duncan, désormais son beau-frère. Il lui expliqua son problème et lui demanda son aide. Duncan, qui était frustré que Ronan récolte les lauriers de ses exploits dans l’île des mers du nord, exigea en échange de son aide que Ronan reconnaisse publiquement qu’il était l’homme le plus vaillant du royaume. Le roi Ronan accepta de bon cœur, car c’était la vérité. Duncan demanda encore autre chose. Il n’était intéressé ni par les richesses, dont il ne savait que faire, ni par le pouvoir. Mais Maed, sa femme qu’il aimait plus encore que son honneur, était juste et bonne, elle lui avait dit les malheurs des pauvres gens du royaume, qui étaient opprimés et exploités par les seigneurs, et qui travaillaient et mourraient pour eux. Et Maed avait ému son mari, et pour elle il demanda au roi qu’il lui confie un titre qui lui donnât la charge de protéger le peuple des excès de puissants. Ronan rit à la demande de son ami, et il lui promit de lui donner un office qui fasse honneur à son grand cœur. Et c’est là l’origine du nom de Grand Coère, qui nous vient de la vieille langue. »

Une excitation soudaine illumina le visage de la Chimère. Le nom du Grand Coère… le Grand Cœur… elle savait cela, désormais ! Aha, attendez qu’ils sachent un peu ça, les autres, comme ils allaient être épatés ! et comme ils allaient l’admirer ! certes elle méritait bien d’être cagou, puisqu’elle savait cela. Mais déjà elle se disait qu’il faudrait faire croire à ses drilles que la sorcière n’avait pas voulu lui dire ce mystère, et qu’elle avait triompher de ses sortilèges pour la forcer à révéler le secret. Oui, ça serait bien épique et formidable comme cela.

« Le soir même, continua Jaana, Duncan se rendit dans la chambre du roi pour dompter Erin, la fille de Dagda, le dieu très ancien. Pour que celle-ci ne se rebelle plus contre son mari, Duncan s’était servi d’Avel, l’anneau volé, pour prendre l’apparence de Ronan. Quand la reine fut soumise, Duncan lui prit sa ceinture et sa bague, et il retourna auprès de sa femme dans sa propre chambre.

« Aussitôt auprès d’elle Duncan, qui avait hérité de l’orgueil des Danavuns, se vanta d’avoir vaincu la fille d’un dieu pour la seconde fois, et il offrit à sa bien-aimée la bague et la ceinture volées. Il lui demanda cependant de ne jamais parler de ceci à personne, car il était essentiel qu’Erin pense que c’était Ronan qui l’avait domptée, et qu’il en allait de l’honneur de Ronan, qui était le roi des Gaules, l’ami de Duncan et le frère de Maed. Alors Maed promit de ne jamais rien dire.

« Le lendemain Duncan alla trouver Ronan pour obtenir sa récompense. Le roi profita que tous ses vassaux et nombre des rois voisins soient venus en sa ville pour célébrer son mariage, pour les convier tous à se réunir sur la grande place qui était devant son château. Il fit aussi venir les gens du peuple, et tous ceux qui étaient dans la ville et alentour, pour l’écouter. Et devant tous il dit la bravoure de Duncan, qu’il reconnut comme l’homme le plus vaillant de son royaume.

« A Duncan il confia alors la charge de Grand Coère, et il dit que Duncan devait être comme le roi des petites gens, leur juge et leur protecteur. Ronan était un jeune roi alors, plus porté par son cœur que ne sont ceux qui ont trop longtemps goûté au pouvoir, et il n’imaginait pas comme il venait de froisser tous les grands seigneurs qui étaient présents. Ceux-ci ne dirent rien encore, et acclamèrent le Grand Coère avec les autres, car ils savaient qu’ils ne pouvaient le vaincre tant qu’il avait le soutien du roi.

« Comme ses ancêtres, Duncan venait de gagner un grand honneur et de nombreux ennemis. »

*

* *

L’été s’étirait avec langueur, traînant ses chaudes vapeurs dans les rues désertes. La place de la Révolution n’était traversée que par quelques piétons et un occasionnel sidérophidien. En son centre l’obélisque brisé, témoin mutilé de la décade glorieuse de l’an 79, était bien seul. Sa plaie de granit rose s’ouvrait, béante, sous le soleil brûlant.

Jean traversait la place d’un pas confiant. Vêtu seulement d’une chemise blanche et d’un pantalon de toile brune, il avait le bras droit en écharpe. Dans sa poche il avait une certification d’invalidité marquée du cachet de la Sûreté Générale, et dans la bouche un cure-dents. Deux fois déjà il avait été arrêté par des gardes communaux qui avaient contrôlé ses papiers et il avait dû feindre la douleur et la faiblesse comme les francs-mitoux et les malingreux de jadis.

Si son pas était confiant, son esprit était troublé. « Vrai, pensait-il, décadi est devenu bien calme à Paris. » Avant la guerre, pendant ses rares congés, il était souvent venu à la place de la Révolution et au verger des Tuileries. Un beau décadi comme celui-ci, il y aurait eu foule, et Jean fut surpris de ne pas trouver le long du mur de soutènement du verger la troupe de mendiants qui y traînait d’habitude. Mais les mendiants avaient été les premiers à partir.

Jean donna quelques pièces au portier et entra dans le verger. Parmi les fruits mûrs et les allées tranquilles, la guerre semblait bien loin. Il eut un léger sourire, l’odeur riche et sucrée de la figue au cœur de l’été lui rappelait peut-être des saisons passées ou bien d’autres à venir. Il en cueillit une de son bras valide et y mordit avec appétit après avoir piqué son cure-dent dans son bandage. Il continua sa promenade et ne croisa qu’une femme vêtue de noir qui le salua en silence. Qui avait-elle perdu ? Son fils, son frère, son mari ? Il lui rendit à peine son salut, perdu dans ses pensées il murmurait :

« A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton. »

Il ne songeait pas à cette femme endeuillée en chuchotant ces vers, mais semblait plutôt les confier à la brise. Un grand vrombissement jaillit du ciel et quelques moineaux qui étaient là s’envolèrent dans une cacophonie de piaillements affolés. Jean leva les yeux au firmament où passait un énorme dirigeable, dragon de toile, d’hélices et de canons dont la silhouette gigantesque obstruait le soleil. Il remit son cure-dent entre ses lèvres et le mordilla avec agacement. Il avait l’air un peu choqué, mais penaud aussi, comme un enfant découvert dans sa cachette… mais la guerre était partout, quand elle ne rampait pas dans les rues elle envahissait le ciel, et il était futile de vouloir s’en cacher ailleurs qu’à l’autre bout du monde.

*

* *

Il cracha au sol avant d’entrer, ouvrit vivement la porte de la brasserie, et balaya toute la pièce d’un regard rapide. Pierrot semblait sommeiller près de la porte du fond, Mâchemots le salua du signe de deux doigts à la tempe qu’il avait pris à Amaranthe. Le portier lui répondit d’un hochement de tête et d’un sourire imperceptible. Pas loin de lui, un vieil homme fumait la pipe, une casquette ramenée jusque dessus ses yeux. Cinq jeunes hommes bruyants jouaient aux cartes sur la grande table au centre de la pièce. Mâchemots ne les connaissait pas, et il pensa que ce devaient être des soldats en permission. Eux aussi fumaient, brûlant sans compter de ces longues cigarettes qui venaient de Catalogne et qui étaient alors très populaires chez les jeunes parisiens. Le plafond était si enfumé qu’on devinait à peine les lourdes solives noires qui le traversaient.

Dans un coin un garçon de Sophie entreprenait une dame à l’air très digne. Sophie était une sociétaire, on l’appelait Maquecée-dabe, ce qui signifie chef-maquerelle, parce que c’était elle qui avait la charge de la prostitution à Montmartre. Depuis le début de la guerre, qui avait pris tant d’hommes, Sophie avait dû renouveler son personnel, et elle avait désormais plus de garçons à son service que de filles. Mâchemots n’avait jamais vu celui-là, qui devait être une de ses dernières recrues. Il avait des doigts fins avec des ongles parfaitement taillés, une légère veste noire sur une chemise verte, et un visage très jeune et délicat. Un gamin, pensa Mâchemots avec un rien de dégoût ; il savait que c’était pour éviter le front et la guerre que le garçon avait accepté de se prostituer.

Il détourna ses yeux du garçon et de sa cliente et avisa Porte-poisse au comptoir, qu’il était venu voir. Il y avait là toute une troupe alignée le long du zinc. Belladone bavardait avec une petite nouvelle, qui s’appelait Ariane. Celle-là avait des cheveux bruns en queue de cheval et le visage allongé avec un nez légèrement aquilin – il la trouvait jolie mais c’était une collègue et, comme il disait souvent, on ne batifole pas en Société. Derrière elles il y avait le Moine, Porte-poisse, et puis un autre nouveau que Mâchemots ne connaissait pas bien, qui devait s’appeler quelque chose comme Joseph, ou Jérôme… ou bien Guillaume, il ne savait plus bien. C’était un gars fait un peu sur le même modèle que lui, court et râblé, quand il était assis sur les tabourets du comptoir ses pieds se balançaient à quarante centimètres du sol.

Il les salua tous et demanda une pinte de rousse au garçon de zinc. Porte-poisse lui sourit un peu nerveusement, et puis se retourna un peu trop brusquement pour lancer un regard rapide au Moine, qui s’était mis à causer avec Belladone et Ariane. « Pauvre petit, pensa Mâchemots, faut pas être jaloux de c’qu’est pas à soi. » Il regarda Belladone, et songea à son marquis. « Difficile à se représenter, se dit-il, le patron, maqué. » Il avala une gorgée de bière. Mâchemots avait souvent l’impression que le comportement et l’humeur du chef de la Société dépendait plus du sens du vent que des évènements, de la position des étoiles que du monde qui l’entourait. C’était, pensait encore Mâchemots, un peu vrai pour tout le monde, mais pas à ce point. « C’est comme le hasard personnifié, ce type. Tu m’étonnes que ça les épate, tous ces gars qui luttent pour abattre les institutions, les dogmes, les traditions… c’est comme un dieu ou un prophète, pour ces gars-là, simplement à lui lécher les grolles ils pigent pas qu’ils sont joués à leur jeu… »

Il entendit Porte-poisse souffler quelques mots à côté de lui, ça ressemblait à un poème et ça le sortit de sa rêverie. Il lui tapa sur l’épaule.

« Viens, frangin, j’ai à t’causer, lui fit-il. On va s’mettre là, » ajouta-t-il en indiquant une table vide, à l’écart des autres clients.

Porte-poisse se leva, et le suivit sans rien dire.

*

* *

Jean était venu, comme tous les quintidis, pour prendre son souper au zinc des Martyrs. Le Moine était arrivé avec deux pognes, ils avaient bavardé, ça lui avait rappelé ses débuts en Société.

Et puis Brune était entrée. Elle portait un pantalon serré en toile anthrace et des bottes de cuir qui montaient presque jusqu’à ses genoux, et puis une chemise vert sombre sous un blouson de cuir noir. Elle avait marché droit vers eux, grande et fine, les mains dans les poches de son blouson et une moue douloureuse aux lèvres. Elle les salua rapidement et son regard sembla, une fois de plus, passer sur Jean comme sur une ombre. Celui-ci eut un léger tressaillement. Sa main s’était faite lourde sur le zinc, sa bouche était sèche. Sonné comme par un coup de poing par le regard de la jeune femme, il demanda un ballon de blanc. Joseph, à côté de lui, continuait à parler avec animation de son dernier boulot pour le Moine, mais Jean ne l’écoutait plus.

Il regardait le prêtre défroqué, qui venait d’entamer une discussion avec Brune et Ariane. Mâchemots entra dans la brasserie ; Jean le remarqua à peine et répondit machinalement à son salut.

« Sous le fardeau de ta paresse, soufflait-il,
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

« Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau. »

Une main toucha son épaule, et il se retourna vivement.

« Viens, frangin, j’ai à t’causer. »

Agacé d’avoir été surpris dans sa rêverie, il se leva et suivit Mâchemots à une table un peu à l’écart.

« J’ai deux mots du patron pour toi, reprit celui-ci en posant son verre à demi-vide sur la table noire. Il a d’l’ouvrage pour toi, et c’t’important. »

Jean avait le regard vide et les mains blanches. Il entendit Ariane rire, et tourna vivement la tête ; le Moine venait de faire une plaisanterie mais Brune avait toujours son masque mélancolique qu’elle n’avait quitté depuis sa libération.

« T’inquiètes pas, fit Mâchemots avec son léger accent moscovite, elle est sûr’ment plus intéressée par Ariane qu’par le Moine. »

Jean le regarda avec perplexité.

« Ouais… Ça fait un moment que j’la suspecte d’être à voile et à vapeur, Belladone… C’ça qu’on dit, hein ? ‘Fin… à voile ou à vapeur, peu importe, ajouta-t-il après un silence, vu qu’en fait elle est maquée au patron, hein ? »

Jean haussa les épaules.

« Je t’écoute, fit-il avec un geste de la main, et il but une gorgée de vin.

– C’est bien simple, reprit Mâchemots à voix basse. En fait l’patron veut s’faire des amis dans l’entourage du Rouquin, histoire d’veiller sur lui, hein ? en toute amitié. Bon, il m’en a parlé, moi j’ai un copain qui pourrait faire l’affaire. Roparzh, c’tait un sacré savateur avant, en fait, c’comme ça qu’j’l’ai connu. On l’app’lait Fausse-patte, parc’qu’il est gaucher, en fait. Bon alors il a monté ch’les grives, à la brigade, hein, il trime juste auprès du Rouquin, maint’nant. Donc c’tout simple ; moi y m’connaît, j’peux pas entremettre, ça s’rait trop risqué. On a fixé un r’dez-vous, d’main, près des quais au vin, hein ? En fait t’y vas, et tu l’baratine… t’peux y aller d’la bourse ou d’la pogne, comme tu l’sens, seul’ment Fausse-patte c’t’un savateur, hein ? Belladone ira avec toi, ça s’ra pas trop d’deux. N’oublie pas, c’qu’il nous faut c’est un copain bien placé, pas un r’froidi, hein ? Bon, c’t’assez clair ? »

Jean hocha la tête. Rencontrer Roparzh, l’intimider ou bien l’acheter.

Avec Brune.

*

* *

« En ce jorne du douze vendémiaire 223, je déclare la première réunion de la Pogne Rouge ouverte. »

Amaranthe posa ses mains à plat sur la table branlante. Au-dessus de leurs quatre ombres se balançait doucement une vieille lampe à huile, on distinguait à peine dans sa lueur dansante les murs humides d’une cave profonde. De l’anthrace était entassé dans un coin, sur la table il n’y avait rien d’autre que leurs mains nues.

« Vous êtes ietgo parce que, comme mézigue, vous avez le sentiment que Linspré, patron de l’Apôtre Second, n’a pas comme il le jase l’intention de foutre à terre le Comité de Salut Public, voilà. »

Autour de lui les ombres opinèrent en silence.

« Entendu pourtant que l’ouvrage de la Société entrave sérieusement les mouvements du Comité, qu’il soit entendu entre nouzailles que la Pogne Rouge n’a pas pour but de s’opposer à Linspré, mais de préparer le chambardement en parallèle des actions de l’Apôtre Second.

– Seconde, grogna une voix à la droite d’Amaranthe.

– Tierce, approuva une autre voix.

– Quarte, conclut la dernière.

– Etant entendu également que Linspré n’approuve pas nos actions, il convient de rester discret quant à nos actions et de n’en confier l’existence qu’à des individus dont on ne peut douter la fidélité et la discrétion. Qu’il soit donc agréé entre nouzailles que ces individus seront choisis à l’unanimité de nos quatre voix. »

A nouveaux les trois silhouettes approuvèrent d’une voix brève.

« Je propose Porte-poisse. Il est fidèle et favorable au chambardement. J’avais d’ailleurs pensé que tu l’inviterais à se joindre à nouzailles ce sorgue, Amaranthe.

– Porte-poisse a un autre projet dont il ne doit pas être distrait, » dit Amaranthe, sibyllin.

Il y eut un silence, et puis il reprit :

« Le but étant fixé de mener à bien le chambardement, entendons-nous désormais sur les moyens de cette entreprise. Mâchemots, continua-t-il d’une voix égale, je propose que tu reprennes nos précédents schémas de sections afin d’augmenter nos recrues et de perfectionner leur entraînement.

– Seconde.

– Tierce.

– Quarte.

– Chenu. Tu les arrangeras en sections et nous présentera tes résultats lors de notre prochaine réunion.

– Himmelfarb, tu tâcheras, grâce à tes contacts à la Sûreté Générale, de nous obtenir plus d’armes. Il faudra certainement laisser ces armes où elles sont dans un premier temps, pour ne pas éveiller l’attention ; simplement il nous faut une liste des arsenaux et le moyen de les prendre quand le moment viendra. »

L’ombre à la droite d’Amaranthe acquiesça sans un mot.

« Quatre-pognes, tu continueras l’ouvrage que t’a confié Linspré auprès de la Subsistance, mais tu redirigeras vers la Pogne Rouge et les sections révolutionnaires une partie de ce que tu obtiendras sur les prochaines récoltes.

– Pas de problème, acquiesça l’ombre à l’autre bout de la petite table.

– Pour ma part, j’organiserai les mômes de la Chimère afin que nous puissions disposer le jour venu de messagers et de gaffeurs.

– Peut-on faire confiance à la Chimère ? demanda Mâchemots. C’qu’une môme.

– Elle a toute ma confiance, assura Amaranthe. Quoi qu’il en soit, elle ne saura rien de ce que nous préparons. Elle croira agir selon les ordres de Linspré. »

Les trois autres approuvèrent.

« Qu’il en soit ainsi, conclut Amaranthe en frappant la table de la main. Le peuple est encore sous le choc du massacre de l’Arsenal, souffla-t-il. Il faudra probablement des décades avant qu’il ne se soulève encore. Mais au prochain signe d’agitation, nous devrons être prêts. »

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